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La préparation des pigments

Publié le par Brigitte Boulanger

Pigments plaque de vette et molettes
Pigments plaque de vette et molettes

D'où viennent les pigments?

Petit historique

Les ateliers des enlumineurs du Moyen-âge sollicitent aussi bien l’œil que le nez : plantes fraîches et séchées côtoient les décoctions les plus étranges, les pierres les plus rares, les poudres les plus vives, les préparations les plus complexes en lien avec l'alchimie , le symbolisme et la poésie

En alchimie, la couleur rouge est la couleur du Grand Œuvre, l'Œuvre au rouge (après l'Œuvre au noir et l'Œuvre au blanc), apparition de la pierre philosophale. Celle-ci, obtenue à partir de pierres ou de métaux par le feu, tend au rouge parfait (pierre (au) rouge, pavot des philosophes, rubis précieux) et permet d'opérer notamment la transmutation en or. C'est le symbole du mystère vital, de la connaissance ésotérique, de la régénération et de l'immortalité.

Dans de nombreuses traditions, les pierres précieuses, notamment bleues et rouges, sont portées en bijou ou broyées pour leurs pouvoirs physiques, leurs pouvoirs homéopathiques, et leurs pouvoirs occultes. En France, une coutume unit chimie et symbolisme du bleu censé éloigner tout ce qui est néfaste : on peint les charrettes avec un bleu (bleu charrette ou charron) fait d'une matière colorante à base de bleu de Prusse et de sulfate de baryte et ayant la propriété d'être un répulsif pour les insectes, mouches et abeilles.
Bien d'autres nuances et symboles du rouge et du bleu sont issus de cette longue histoire des matières colorantes et de leurs utilisations dans les étoffes, les vêtements, les représentations artistiques...

Une couleur : bleu

Le bleu, longtemps ignoré ou dévalorisé, n'acquit ses lettres de noblesse qu'à partir du XIIe siècle grâce aux progrès des techniques tinctoriales (nuances éclatantes et "grand teint"), et pour des raisons plus symboliques, grâce au culte de la Vierge Marie. Il devint la couleur des rois et celle de la Vierge traditionnellement représentée vêtue d'un manteau d'azur*. La langue a gardé les traces de l'histoire et la nuance bleu(-)de(-)roi, bleu(-)roi est encore très vivace de nos jours. De même, la dévotion à Marie se retrouve dans la nuance bleu vierge et la locution vouer (un enfant) au bleu. Un pigment cher et précieux obtenu de la pierre azurite, seul digne de la Vierge, fut longtemps réservé à la peinture de ce manteau.Valorisé et consensuel, le bleu est devenu la couleur des grandes institutions nationales ou internationales (drapeaux du Conseil de l'Europe, de l'ONU ; "casques bleus"), de certains corps de métiers ou milieux socio-professionnels (le bleu de la gendarmerie ou de la police), la couleur "distinction, mérite" (carton bleu, cordon bleu, ruban bleu).

Une couleur : rouge

Autrefois la plus stable des couleurs, mais extrêmement coûteuse, le rouge (en particulier la pourpre*) fut la couleur par excellence, réservée à l'élite, au point qu'il était interdit de se vêtir de pourpre sous peine de mort ou de porter des "gueules" dans ses armoiries à moins d'être prince ou d'en avoir l'autorisation. Le rouge devint la couleur représentative des rois, des chefs et dignitaires notamment dans l'armée, l'Église, la justice... et le symbole du pouvoir, de la dignité, du mérite, de l'apparat... Amaranthe, andrinople, cramoisi, écarlate, pourpre... ces noms de matières colorantes et d'étoffes prestigieuses rouges témoignent de l'histoire sociale de cette couleur, représentative de diverses institutions et dignités : rois et empereurs (Chambre de la pourpre), chefs de l'Église, (cardinal, pourpre cardinalice, endosser l'écarlate), magistrats, soldats de l'armée française (andrinople, garance)... La langue rend compte, dans ses sens figurés, de la gloire passée et de l'excellence de la couleur rouge. Pourpre a désigné, par métonymie, le pouvoir, la puissance, la richesse ; écarlate, le premier choix, le plus distingué (l'écarlate de la noblesse) ; cramoisi, le magnifique. Au XXe siècle, le rouge est encore la couleur de la puissance et du mérite, et de l'honneur rendu (rosette rouge, ruban rouge, tapis rouge...) qui s'est étendue au domaine du commerce, pour indiquer la qualité des produits alimentaires (cordon rouge, label rouge, ruban rouge).

* Pour des raisons de coût, de technique et de symbolisme. La pourpre était obtenue d'un coquillage marin, assimilé au sang. Il était nécessaire de sacrifier des millions de coquillages pour obtenir le colorant pourpre, aussi précieux que l'or... 10 000 coquillages permettaient d'obtenir un gramme de colorant.

  • source CNRS info mars 2001
  • Pour approfondir; voir "Le petit livre des couleurs" essai paru en poche en 2014 de Michel Pastoureau, grand historien médiéviste.

Les différents pigments

Les couleurs proviennent du monde minéral. végétal ou animal ,

Les pigments minéraux

Ils sont issus de ressources de la géologie (ocres, lapis-lazuli, azurite, malachite, orpiment, pour en citer quelques-uns). De nos jours, les terres et les ocres restent les seuls pigments naturels encore exploités industriellement. Tous les autres pigments inorganiques sont fabriqués artificiellement à base de composés métalliques comme le cobalt, le cadmium, l’oxyde de fer, le chrome…

Les pigments d'origine organique

proviennent soit des animaux (sépia de la seiche, murex, rouge cochenille ), soit des végétaux (garance, indigo, vert d'iris, safran, curcuma, nerprun, rose de l'écorce du bois de brésil...).

Mais très tôt l'homme chercha à varier la palette des couleurs.

Les pigments artificiels

Le bleu et le vert égyptien, pigments à base de cuivre, font certainement partie des plus anciens pigments artificiels fabriqués par l’homme. À l’époque grécoromaine, c’est un blanc artificiel à base de plomb appelé céruse qui vit le jour. D’autres pigments tels que le minium et le massicot furent également synthétisés, preuve du perpétuel intérêt porté à la recherche de nouvelles couleurs. Les alchimistes du Moyen Âge travaillèrent sur quelques nouveaux pigments comme l’outremer naturel purifié ou le jaune de Naples.

Attention danger!

"Se boucher le nez et fermer la bouche ; car crainte des émanations et des poussières" (valentin Boltzen 1553) "Garde-toi d’en mettre à la bouche, tu pourrais t’en trouver mal" (C. Cennini – XVe siècle)

En peinture médiévale, les pigments sont responsables des intoxications. ils peuvent être dangeureux et très toxiques particulièrement les pigments à base de plomb : céruse, massicot, jaune de naples, minium, mine orange. Ceux aussi contenant du mercure : cinabre vermillon. Ceux à base de cuivre : bleu et vert des montages, cendre bleue, vert-de-gris, vert d’espagne, vert salé. Et plus spécifiquement, ceux contenant de l’arsenic : orpiment.

Préparation des pigments

Tout d'abord, l'enlumineur doit broyer ses pigments sur une plaque de verre dépoli avec une molette pour affiner le grain (voir photo), il ajoute la détrempe à base de jaune et blanc d’œuf, colle de poisson,gomme arabique, miel qui liera les pigments et leur permettra d'adhérer au support.

A présent l'enlumineur travaille seul mais au moyen-âge ces travaux préparatoires étaient effectués par les "arpètes" des moines , les aides ouvriers qui travaillaient dès l'âge de 12 ans.

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Exposition au Cabaret du Lys

Publié le par Brigitte Boulanger

 Exposition au Cabaret du Lys

Première exposition en Duo en mai 2013 au Cabaret du Lys dans ce joli village moyenâgeux au cœur de la vallée de Chevreuse

Brigitte Boulanger et Rose Chany exposent des ENLUMINURES

au Cabaret du Lys

du 6 au 12 mai

Ouvert tous les jours de 11h à 19h

Une démonstration sur les techniques de l'enluminure et la pose de l'or est prévue

le mercredi 8 mai après midi ouverte à tous.

Suivi d' un pot convivial et partagé le 8 mai à partir de 18h,

chacun pouvant amener ce qu'il veut pour réjouir nos papilles.
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Publié dans Expositions

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Les Mille et Une Nuits

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D’après L’ affiche de  l’exposition à L’Institut du Monde Arabe en 2013 , aquarelle de Georges Barbier (1913) représentant les danseurs Nijinsky Et Ida Rubinstein

D’après L’ affiche de l’exposition à L’Institut du Monde Arabe en 2013 , aquarelle de Georges Barbier (1913) représentant les danseurs Nijinsky Et Ida Rubinstein

Publié dans Mes Enluminures

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Les Amoureux

Publié le par Brigitte Boulanger

D’après une miniature d’Ispahan de Reza-ye  Abassi  vers 1630 , pigments et encre or  sur parchemin végétal.

D’après une miniature d’Ispahan de Reza-ye Abassi vers 1630 , pigments et encre or sur parchemin végétal.

Publié dans Mes Enluminures

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Lettré persan, art safavide

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D' après l’autoportrait de Sayyed ali (1555) Lahore-Hindustan, l’Art de l’Iran Safavide.

D' après l’autoportrait de Sayyed ali (1555) Lahore-Hindustan, l’Art de l’Iran Safavide.

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Oiseau huppé sur son rocher

Publié le par Brigitte Boulanger

Composition inspirée de Reza-ye  Abassi

Composition inspirée de Reza-ye Abassi

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La miniature persane

Publié le par Brigitte Boulanger

La miniature persane

La miniature persane (on réserve le terme d'enluminure pour les motifs complexes sans figuration, géométriques, qui illustrent superbement les manuscrits sacrés tel le coran) me séduit par sa finesse, sa délicatesse et sa sensualité.

La miniature s'est développée à partir de courants variés Chinois, monghols, indiens et marie les langages poétiques et artistiques. Elle illustre fables, poèmes, épopées, scènes érotiques ou tout simplement moments de la vie quotidienne dans de magnifiques jardins en fleurs.

La miniature persane représente en elle-même un espace poétique avec absence délibérée d'ombre et de perspective, avec la diffusion de la lumière et l'ornementation, propre à l'art islamique.

La vivacité des couleurs, la richesse des palettes, est propice à l'enluminure et à l'expérimentation des pigments et des nuances colorées et dégradées que j'aime tant.

Du rouge cochenille au vert d'iris, du bois de Brésil transparent au précieux du lapis lazuli, de l'Indigo aux couleurs de terre et de sable.
Il me reste à ajouter l'or sur des scènes que je recompose, et ce seront les motifs d'un vêtement (les Amoureux), les astres nocturnes (Jardin d'orient), ou encore la crête de plumes d'or de (L'oiseau huppé.)

Ce sont donc mes dernières oeuvres, que j'expose en premier dans ma galerie.

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Le jardin d'orient

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Jardin d'Orient d'après une miniature persane d'une anthologie poétique: Humay  rencontre Omayun, Afghanistan vers 1430

Jardin d'Orient d'après une miniature persane d'une anthologie poétique: Humay rencontre Omayun, Afghanistan vers 1430

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La Conférence des Oiseaux

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Je termine (provisoirement)  mon cycle persan en vous présentant cette peinture de Habib Allah illustrant ce recueil de poèmes persan médiévaux ( 1177) qui sous forme d'allégorie raconte comment un maître soufi amène ses élèves à l'illumination.

Illuminer, enluminer, glissement sémantique imperceptible pour tous les chercheurs de vérité, les vrais chercheurs d'or.

Voici un condensé de l'histoire

C'est l'histoire d'une bande de trente oiseaux pèlerins partant sous la conduite d'une huppe fasciée à la recherche du Simurgh, leur roi. Le texte relate les hésitations, incertitudes des oiseaux. À l'instar d'autres récits orientaux, le récit est émaillé de contes, d'anecdotes, de paroles de saints et de fous qui les accompagnent. Un à un, ils abandonnent le voyage, chacun offrant une excuse, incapable de supporter le voyage. Chaque oiseau symbolise un comportement ou une faute. La tête de file est la huppe, le rossignol symbolise l'amant. Le perroquet est à la recherche de la fontaine de l'immortalité, et non pas de Dieu. Le paon symbolise les « âmes perdues » qui ont fait alliance avec Satan. Les oiseaux doivent traverser sept vallées pour trouver Simurgh :

À la fin de leur quête, ils découvrent leur moi profond (jeu de mots sur Simorgh signifiant également « trente oiseaux »).

Peter Brook en a fait une pièce de Théâtre en1977.

La Conférence des Oiseaux peinte par Habib Allah a inspiré mon "Oiseau huppé sur son rocher"

La Conférence des Oiseaux peinte par Habib Allah a inspiré mon "Oiseau huppé sur son rocher"

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